Eclair d'Idées Folles _ Dynna

Le signal électriquement
neutre,
positivement chargé en
pensées négatives, enfile
son chapeau de feutre
et file.

L'idée tourbillonante
s'envole, hallucinante.
L'ouragan atomique se déchaîne,
sorti d'on ne sait où. Il s'enchaîne
aux préjugés du ciel endormi
et sans avis.

Puis, s'enfuyant
de l'école,
l'idéologie intemporelle décolle
dans un dernier coup de vent.
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# Posté le mercredi 23 avril 2008 13:04

Masters(1)_ Mat

"Car certaines lois n'existent que pour être transgressées."

Prologue


De tous temps, l'humanité s'était toujours trouvée séparée entre les forts et les faibles. L'homme s'était vanté et se vantait toujours d'être au sommet de la pyramide, dédaignant les autres espèces et méprisant jusqu'à sa planète même. Il avait construit des villes à l'épreuve des séismes ou du moins le croyait-il, il avait bâti des barrages pour maîtriser l'eau, il érigeait son ½uvre en l'immunisant contre le feu et le vent. Et comme il était le plus fort, il trouva des "faibles" au sein même de son groupe. Il y eut d'abord les maîtres et les esclaves, puis les riches et les pauvres, et enfin les violents contre les pacifistes. Il lui fallait toujours des faibles à écraser et à diriger pour se sentir bien, il lui fallait toujours maltraiter ses semblables pour se sentir fier.
Enfin, dire que tous les hommes n'étaient que des brutes assoiffées de pouvoir était exagéré. Le monde était suffisamment bien fait pour abriter quantités de caractères variés. Aussi existait-il encore, dans un pays lointain à l'est du monde, une famille amoureuse des contes de fées et des histoires qui se terminent bien. Peut-être était ce dû au fait que les parents aimaient raconter que leur histoire avait tout d'un conte de fées: leur rencontre liée au destin, les épreuves qu'ils avaient surmontées ensemble, et puis leur fin heureuse avec le mariage et les trois enfants, deux filles et un garçon. Mais les contes de fées n'existent pas...


La pluie s'était abattue sur la ville depuis la montée de la lune dans le ciel d'encre. Dans les rues désertes, un petit garçon de huit ans environ se baladait, promenant ses grands yeux verts curieux un peu partout. Il se passa la main dans sa tignasse brune, démêlant quelques n½uds au passage, l'air pensif. Sa grande s½ur, qui devait le ramener après son cours de musique, n'était pas venue, et il se demandait bien pourquoi. Du haut de ses seize ans, Haru était pourtant une jeune fille sérieuse, à mi chemin entre l'adolescence et l'âge adulte. Elle n'était jamais en retard, surtout s'il s'agissait de venir le chercher, lui ou sa petite s½ur Ema. Si elle n'avait pas pu venir cette fois ci, c'était qu'il était arrivé quelque chose de grave. Peut-être grand-mère qui était retournée à l'hôpital, encore? Ou peut-être qu'elle s'était perdue dans les ruelles?
- Haruuu? appela-t-il au cas où.
Comme il pouvait s'y attendre, personne ne lui répondit. Pourtant, il avait eu l'impression d'entendre du bruit...

L'animal au pelage gris et à l'apparence d'un loup à crinière se recula de quelques pas, léchant le sang qui dégoulinait de ses babines. Une main se posa sur sa tête, flattant doucement ses oreilles, lui arrachant un grognement satisfait. L'homme gardait ses yeux d'un noir profond fixés sur le corps recroquevillé contre le mur de la ruelle. Des sanglots s'en échappaient par intermittence, lorsque l'adolescente réussissait à retrouver son souffle malgré la douleur qui lui déchirait les entrailles.
- Pou...pourquoi... finit elle par murmurer en levant son visage baigné de larmes vers son agresseur.
L'homme esquissa un sourire cruel, se baissant à son niveau pour passer sa main dans les cheveux bruns de la pauvre fille. Elle se mit à trembler violemment, les yeux brillant de terreur, et tenta de reculer. Sans douceur, il empoigna ses cheveux et amena son visage près du sien, plongeant son regard dans le sien.
- Parce que tu n'es qu'une bâtarde...
Elle hoqueta sous la douleur, l'air perdu. Apparemment, elle n'avait aucune idée de ce à quoi il faisait allusion. Il laissa échapper un petit soupir ennuyé et la relâcha brutalement, envoyant sa tête heurter le sol. L'adolescente lâcha un gémissement de douleur mais ne se redressa pas. L'homme se releva en souriant, satisfait, certain qu'elle ne mettrait plus beaucoup de temps à mourir.
- Haru?
Son familier tourna brusquement la tête vers le bout de la rue, où un gamin venait d'apparaître. L'homme esquissa une grimace dégoûté en voyant ses yeux verts où brillait une touche argentée, la même que l'adolescente qui agonisait à ses pieds.
La jeune fille venait d'ailleurs de redresser la tête dans un effort surhumain, fixant le garçonnet d'un air hagard.
- Ky...ô... non, va...va-t ...
Une toux violente la saisit, l'empêchant de finir sa phrase. Elle se mit à cracher du sang, sous les yeux horrifiés du petit garçon qui courut vers elle.
- Haru! Tu es malade?! Qu'est ce qui va pas?!
Il ne vit pas l'homme tendre sa jambe en travers de sa route, et il cria de terreur en voyant le sol se rapprocher à toute vitesse. Par réflexe, il tendit ses bras en avant, et un crac sonore retentit dans la ruelle. Il se recroquevilla sur le sol en pleurant, tenant son bras cassé contre lui.
- Haru...Haru!
Son appel déchirant ne sembla même pas émouvoir l'homme, qui s'approcha de la jeune fille sans plus tenir compte de l'enfant. Une dernière fois il la détailla, gravant dans son esprit l'image de sa victime comme tant d'autres. Son visage pâle et défait, ses épaules ensanglantées par les morsures, son abdomen lacéré par les griffes puissantes de son loup... Ses yeux d'un vert profond qui perdaient peu à peu de leur éclat, alors qu'un dernier souffle venait mourir sur ses lèvres pâles.
- Ky...ô...
L'homme sourit alors que la tête de la jeune fille roulait sur le côté, ses dernières larmes figées pour l'éternité
- Ha...Haru?
Il en avait presque oublié le gamin. Celui-ci s'était approché du corps de sa s½ur en rampant, sans tenir compte de la douleur qui lui tiraillait le bras, et observait désormais le visage pâle aux yeux grand ouvert. Il passa timidement sa main devant ces yeux, cherchant à déclencher une quelconque réaction, ne serait ce qu'un battement de paupière. Mais sa s½ur ne bougeait pas, ne bougerait plus. Et lui ne le savait pas encore.
- Haru... Pourquoi tu bouges p'u? Papa et maman nous attendent... Il faut qu'on rentre ou ils vont s'inquiéter.
L'homme dans son dos laissa échapper un grognement agacé, tirant un poignard de sa ceinture avant de s'approcher de lui.
- Ta soeur est morte, petit imbécile. Mais si ça peut te rassurer, tu ne vas pas tarder à la rejoindre.
Kyô ouvrit grand les yeux en se tournant vers l'agresseur, tremblant de tous ses membres.
- Mais...Mais... bégaya-t-il en tentant d'endiguer de nouvelles larmes. Mais Haru elle...
Une douleur fulgurante l'interrompit en plein milieu de sa phrase. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur, alors qu'un hurlement de douleur s'échappait de ses petites lèvres pâles. Comme dans un film qu'on voit au ralenti, il se sentit tomber, éclaboussé par une gerbe de sang, son sang. Sa respiration s'accéléra brusquement avant de ralentir tout doucement, jusqu'à n'être plus qu'un murmure. Et puis plus rien.

L'homme essuya consciencieusement la lame du poignard dans un fin mouchoir blanc de tissu, avant de ranger ce dernier dans la poche intérieure de son manteau. Une dernière fois, il lança un regard dénué d'intérêt à ses victimes, avant de s'éloigner tranquillement, talonné par son loup. Jamais il n'entendit, dans le silence de la ruelle, le petit bruit entêtant d'un c½ur qui bat encore.


La Suite : ici
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# Posté le mercredi 23 avril 2008 13:22

Modifié le dimanche 25 mai 2008 12:57

Optique Pensante _ Dynna

L'oeil visualise
et vise
la cible statique
statistiquement unique.
Des rafales
de vent et de balles
déferlent dans
l'angle du mur qui ment.

Le lecteur audiovisuel
de pensée
s'interpelle
puis laisse passer
la membrane chimique
déplacée
du nerf optique
suspect
qui a réussi à avancer.

L'idée emprunte,
en évitant
les feintes,
le tremplin du temps :
360° en avant.
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# Posté le jeudi 24 avril 2008 17:03

Modifié le jeudi 24 avril 2008 17:42

Les Chroniques de Mü(1)_ Liline

Le soleil venait de se lever sur la ville de Danza, mais cela faisait plusieurs jours que les habitants ne le voyaient pas. La toute nouvelle ville flottante entièrement artificielle, la pointe de la technologie, le dernier cri en matière de sécurité, Danza, l'île de fer, tanguait dangereusement depuis trois jours. La météo ne s'arrangeait pas, et de grandes vagues déferlaient toutes les minutes dans les rues. La tempête allait en s'aggravant. Le vent redoublait de violence, et il s'était mis à pleuvoir à grosses gouttes. Ce matin du quatrième jour était le plus pénible de tous. Personne n'avait réussi à dormir à cause de la houle. Alors qu'on espérait encore une accalmie, un raz-de-marée plus gigantesque que les autres, submergea soudainement la ville entière. Les poutres sous-marines cédèrent, et la ville flottante commença à couler. A environ un kilomètre de là, sur la rive, les témoins de ce désastre étouffèrent des cris de terreur. Sur Danza, la panique s'emparait des habitants, qui quittaient au plus vite leur logement pour se ruer dans les quelques machines se sécurité. Celles-ci étaient nouvellement conçues pour une éventuelle immersion de l'île. Ces petits tubes rouge vif, comportant chacun six places, pouvaient fonctionner sous l'eau et supporter une très grande pression. Ils étaient censés sauver les habitants en les ramenant vers la côte, à l'aide d'un pilote automatique. Malheureusement, il n'y avait pas assez de tube pour tout le monde, et ce fût vite la débandade dans les rues.

- Alix ! Alix !!
Une femme blonde hurlait le nom de son fils, parmi la foule qui se précipitait dans l'avenue principale en direction du port. Bientôt, l'eau leur arriva aux genoux. Un homme passa près d'elle en courant. Il avait la trentaine, plutôt grand et de corpulence moyenne. Il était mal rasé, et ses cheveux raides et d'un blond terne tombaient sur ses yeux de chat. Il portait une chemise grise et un jean troué. Il trébucha dans l'eau, et aperçut une nacelle vide, à sa droite. Réunissant ses dernières forces, il se précipita sur l'appareil et grimpa à bord. Il n'y avait encore personne à l'intérieur. L'homme se mit aux commandes, et observa les indications, étape par étape. Tout à coup, quelque chose heurta la vitre. Il se retourna et vit le visage larmoyant d'une jeune fille aux cheveux roux, dégoulinant sur ses épaules. Il ouvrit la porte et l'aida à monter. Essoufflée, elle le remercia. La jeune fille paraissait frêle, et on devinait sa maigreur sous sa tunique d'un vert criard. Son nez pointu saignait abondamment.
- Vous allez bien ? demanda-t-il, inquiet.
- Ca va.
- Installez-vous derrière, et prenez ça.
Il lui tendit un mouchoir, puis elle s'affala sur les trois sièges arrière, et respira profondément. Elle était totalement trempée.
- Je vais attendre un peu, dit l'homme en continuant d'examiner les prospectus qui expliquaient le rôle des commandes. Il faut prendre d'autres personnes.
En effet, une seconde plus tard, un jeune homme ouvrit la porte. Accompagné d'une femme, il entra dans l'appareil. Il était grand et mince, ses cheveux châtains étaient coiffés en catogan, et sa chemise à carreaux était partiellement déchirée. La femme, elle, avait les cheveux noirs coupés courts. Elle portait un tailleur bleu marine et ses collants étaient filés. Le couple ne dit pas un mot, et s'assit près de la jeune fille qui leur fit un sourire aimable. A présent, l'eau atteignait le bord de la porte, et l'homme qui était aux commandes la referma. Bon nombre de tubes étaient déjà partis vers la côte, par conséquent il n'en restait que deux sur Danza, en plus du leur. Pourtant, il y avait encore beaucoup de monde sur l'île. L'eau atteignait maintenant la moitié de la fenêtre quand un homme se précipita à l'intérieur.


La Suite : ici
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# Posté le jeudi 24 avril 2008 17:09

Modifié le vendredi 25 avril 2008 04:32

Ô Poète, ah Muse _ Dynna

La muse, ingénue, gémit
_____lorsque son poète
_____se répète.
Le poète, un génie ému

_____lorsque sa muse
_____s'amuse.

# Posté le jeudi 24 avril 2008 17:42